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jeudi, 2009-10-15 09:48 Il y a : 331 Days

Le référentiel Cosmos présente encore des zones d’ombre

Categorie : Critères et normes
Points importants
  • Le référentiel proposé manque encore de clarté dans son ensemble.
  • Les produits pétrochimiques sont autorisés à hauteur de  2% dans la composition du produit fini.
  • Les produits restent amenés à porter des logos différents.

Après six années de délibérations, le Groupe de travail européen pour l’harmonisation des cahiers des charges cosmétiques vient de proposer son référentiel.

Le texte du référentiel COSMOS doit encore être entériné par les organisations privées qui composent le Groupe de travail, mais les critères qu’il contient diffèrent peu de ceux qui avaient été soumis à consultation publique en novembre 2008. Ce référentiel reste encore un texte provisoire, destiné à entrer en vigueur au 1er septembre 2009. Toutefois, les laboratoires ont jusqu’au 1er septembre 2012 pour adapter leurs produits certifiés.

A cela s’ajoute le fait qu’il n’y aura pas de logo commun. En effet, le logo propre à chaque organisation de labellisation continuera de figurer sur les produits, accompagné d’une indication mentionnant la certification COSMOS, ce qui n’aidera pas les consommateurs à s’y retrouver parmi les multiples logos de labellisation des différents pays.

Le référentiel proposé continue de présenter des imprécisions et autres contradictions :

  1. Les critères portant sur le caractère naturel des produits manquent de cohérence. Il n’y a pas d’exigence minimum à remplir en termes de recours aux ingrédients naturels ni de seuil maximum à ne pas dépasser pour l’utilisation des agro-ingrédients chimiquement transformés dans les produits portant le label « Cosmos-natural ».
  2. L’utilisation de matières premières ou de fractions de molécules pétrochimiques est autorisée, à hauteur de 2 % maximum dans la composition du produit fini, ce qui signifie que les composants pétrochimiques sont autorisés même dans les produits portant le label « Cosmos-organic ».
  3. Le calcul de la part considérée comme biologique est susceptible d’induire le consommateur en erreur : les composants transformés par voie chimique et les matières premières naturelles font l’objet d’un même traitement. Il est à constater qu’au point 6.2.1, l’eau ne peut pas être prise en compte dans le calcul de la part biologique, alors qu’elle peut l’être au point 6.2.3 pour la reconstitution d’extraits concentrés.
  4. Il y a un manque de clarté et de transparence : on ne trouve aucune liste exhaustive des matières premières autorisées (notamment en ce qui concerne les agro-ingrédients dits chimiquement transformés). En outre, les listes d’ingrédients autorisés n’utilisent pas la nomenclature INCI.
  5. Dans le cadre du référentiel COSMOS, des procédés chimiques comme l’alkylation sont autorisés pour l’obtention d’agro-ingrédients chimiquement transformés ; NaTrue considère que ces procédés intègrent des substances qui ne devraient pas apparaître dans la composition des cosmétiques naturels, que ce soit du point de vue scientifique ou dans l’intérêt des consommateurs.
  6. Le référentiel ne définit pas clairement dans quelle mesure il faut respecter le concept de chimie verte (Green Chemistry).
  7. La question des emballages n’est pas réglée de façon satisfaisante. Il est inconcevable que du chlore ou des dérivés chlorés puissent entrer dans la composition des emballages destinés à des produits cosmétiques naturels.
  8. Il n’y a pas de seuil minimum de produits certifiés pour chaque marque, alors que le label NaTrue exige qu’au moins 75 % des produits (au sens de formulations) d’une même marque soient certifiés comme produits cosmétiques naturels ou biologiques. Cosmos n’introduit pas ce type de limitation.